Découvrez Saint-Mihiel

La Petite Florence Lorraine

Visitez Saint-Mihiel c'est se laisser conter l'histoire de son ancienne abbaye bénédictine et se laisser surprendre par ses élégantes demeures et hôtels particuliers, tout au long d'un parcours jalonné de panneaux dévoilant tout le patrimoine et l'histoire de cette cité qui vit naître au XVIe siècle l'un des artistes les plus talentueux de la Renaissance en Lorraine, le sculpteur Ligier Richier.

 

Ancienne capitale du Barrois non-mouvant, troisième ville du duché de Lorraine, Saint-Mihiel, la Petite Florence Lorraine est la porte du Parc Naturel Régional de Lorraine. Entourée de forêts, elle se trouve au centre de la Meuse entre Verdun et Commercy et à seulement 60 km de Nancy et Metz.



Plan du bourg de Saint-Mihiel au 11e siècle
Plan du Bourg de Saint-Mihiel au XIVe siècle

La ville de Saint-Mihiel peut s'enorgueillir d'un riche passé religieux, judiciaire, artistique et intellectuel. L'histoire de Saint-Mihiel est intimement liée à celle de l'abbaye bénédictine Saint-Michel, dont la fondation remonterait au milieu du VIIIe siècle. Située au bord du ruisseau de la Marsoupe en vue d'y installer une communauté monastique, l'abbé prieur Smaragde, fit transférer l'abbaye, vers 815, au confluent de la Marsoupe et de la Meuse, marquant ainsi les débuts du rayonnement spirituel et intellectuel de l'abbaye, et plus largement de la cité. En 1090, la comtesse Sophie de Bar fit construire un château fort, surplombant le bourg et l'abbaye. Doté d'une courtine et d'un pont dormant placé à l'entrée du donjon, le château était pourvu au milieu du XIIIe siècle d'une chapelle castrale. En 1301, par traité de Bruges, Saint-Mihiel devint la capitale d'un état souverain ne dépendant d'aucun seigneur "le Barrois non mouvant", contrairement au domaine de Bar "le Barrois mouvant", assujetti au roi de France. Après la révolte des sammiellois contre l'autorité royale suite à la saisie du duché de Bar par le roi de France, Louis XIII ordonna le sac de Saint-Mihiel qui conduisit au démantèlement du château. Ce dernier fut transformé en carrière de pierre. Aujourd'hui seuls quelques vestiges subsistent de l'ancien château. dormant

Vestiges des escaliers du château castral de Saint-Mihiel
Vestiges du château

La pamoison de la vierge de Ligier Richier à l'abbaye Saint-Michel de Saint-Mihiel
La pamoison de la vierge de Ligier Richier

A partir du XVIe siècle, Saint-Mihiel devint le cœur d'un important foyer artistique avec comme chef de file Ligier Richier (1500-1567). Ce foisonnement artistique fut favorisé par la présence à Saint-Mihiel de l'abbé René de Maria, d'origine italienne, imprégné du faste de la Renaissance. L'implantation en 1571 d'une cour de justice permanente attira l'aristocratie et la bourgeoisie, participant ainsi  activement à l'essor économique de la cité. Saint-Mihiel vit naître au XVIIe siècle Jean Bérain, célèbre dessinateur et décorateur de théâtre et d'opéra à la cour de Louis XIV.


Plaque commémorative la Croix des redoutes au Bois Brûlé Saillant de Saint-Mihiel
Croix des redoutes, Bois Brûlé Saillant de Saint-Mihiel

Si la ville perdit de son rôle spirituel et culturel après la Révolution, elle connut un nouveau souffle à la fin du XIXe siècle en devenant une importante cité de garnison avec l'installation en 1893 de la 40e Division militaire. L'occupation allemande dès l'automne 1914, puis la Seconde Guerre mondiale causèrent de sérieux traumatismes et marquèrent durement et durablement la commune et ses habitants. Sur les hauteurs, autour de la ville, les stigmates de la première guerre sont encore bien présents. Les lieux de mémoire du Saillant de Saint-Mihiel tels que la Tranchée de la soif, le Bois Brûlé ou la Tranchée de Roffignac méritent le détour. Ces lieux imposent le silence et le respect. Dans un cadre aujourd'hui verdoyant et paisible, les traces de l'horreur des quatre années de combats sont encore omniprésentes. De très beaux vestiges des tranchées françaises, mais aussi allemandes, sont à découvrir.

Tranchée française au Bois Brûlé sur le Saillant de Saint-Mihiel, guerre 14-18
Tranchée française du Bois Brûlé sur le Saillant de Saint-Mihiel, guerre 14-18


Particularités de Saint-Mihiel

Les Dames de Meuse

Christ au tombeau les rochers de Saint-Mihiel les dames de Meuse
Christ au tombeau (Photo : Guy Lecomte)

Les Dames de Meuse, au nombre de sept, sont un lieu de promenade très prisé des sammiellois. La première, appelée la roche du Calvaire, est l'objet d'un pèlerinage annuel le soir du Vendredi Saint. Une grotte a été creusée à même le rocher et abrite un christ au tombeau, oeuvre d'un artiste local nommé Mangeot. La seconde roche ne porte aucun nom spécial, à sa mi-hauteur, dans une niche naturelle, un banc de pierre a été sculpté; on l'appelle le Banc des Amoureux. Vient ensuite la Ronde Flaise (corruption locale de la Ronde Falaise) de par ses formes opulentes, puis la Roche Plate (son accès est très facile par le sommet). La cinquième roche est creusée d'une énorme faille, elle porte le nom de "Four du Diable".

Les Dames de Meuse, Christ au tombeau taillé dans les rochers de Saint-Mihiel
La Table du Diable

L'avant dernière est surnommée la Guinguette, on y dansait autrefois et le rocher porte encore les traces des constructions d'avant-guerre. Il était autrefois surmonté d'une sorte de table de pierre sculptée par l'érosion, nommée également la "Table du Diable", cette table a été brisée par un obus lors de la Grande Guerre. La dernière roche est située sur une propriété privée. Symbole et curiosité de la ville, ces sept roches coralliennes sont situées à la sortie de la ville direction Verdun. Le sommet de certaines roches est accessible et offre une vue imprenable sur la ville.

 

La Légende : Au premier temps de son existence, Saint-Mihiel se nommait Godonécourt. Pour des raisons oubliées aujourd'hui, sept mauvaises fées voulurent détruire la ville, elles réfléchirent donc à un moyen original d'arriver à leur fin. Leur choix se porta sur la rivière Meuse qui longeait la ville. Leur vengeance mise au point, elles prélevèrent chacune un énorme bloc de pierre qu'elles disposèrent dans le lit de la rivière afin de former un barrage. L'eau commença donc à monter et menaça d'engloutir le village. L'archange Michel intervint en faveur de la ville et ordonna aux fées de remettre les blocs sur le versant de la colline avant de les chasser. Les habitants reconnaissants donnèrent le nom du saint à la cité, qui devint Saint-Michel et par déformation au cours des siècles devint Saint-Mihiel.

Escaliers longeant les vestiges du château castral de Saint-Mihiel
Escalier longeant les vestiges du château de Saint-Mihiel

Le Saillant de Saint-Mihiel (1914-1918)

carte du saillant de saint-mihiel ligne de front première guerre mondiale
Les cercles jaunes indiquent les zones où les combats ont été les plus intensifs

La prise de Saint-Mihiel et du territoire environnant constitue la zone occupée la plus avancée pour les Allemands, la ligne de front traçant un angle droit autour de la ville, reliant approximativement Verdun vers le nord et Toul vers l'est. Saint-Mihiel se retrouve occupée pour les quatre années de la guerre 1914-1918.

Devenue un point stratégique important, Saint-Mihiel fait l'objet de tentatives françaises de reconquêtes. La ville est régulièrement bombardée et les contre-attaques françaises sont un échec. Du 26 septembre au 9 octobre, des combats acharnés sont menés en vain par le huitième corps au sud du bois d'Ailly. Du 5 au 22 avril 1915, les Français prennent puis reperdent quelques hectares de forêt. 20 000 obus allemands sont tirés sur un front de 350 mètres. Dans la forêt d'Apremont, une tentative similaire du général Dubail est entreprise du 17 novembre 1914 au 4 janvier 1915, sans succès. C'est dans ce bois que l'adjudant Péricard lança son farouche "Debout les morts ! " durant un nouvel assaut le 8 avril 1915.

Les sammiellois restés dans leur ville subirent de nombreuses épreuves ; chaque habitant doit disposer d'un laissez-passer, en 1917 d'une carte de séjour numérotée, en 1918 d'un certificat d'identité avec photographie. La circulation dans la ville est restreinte. Aucune maison ne doit être fermée à clé, la liste des habitants est affichée sur la porte. En 1917, on exige des hommes qu'ils saluent les officiers allemands en se découvrant et en retirant leur pipe ou cigarette de leur bouche. L'armée allemande dispose de tous les biens des sammiellois, de leur maisons, de leurs avoirs en liquide ou en valeurs à la suite d'emprunts forcés. Ils pillent les coffres de la banque Varin-Bernier après une ouverture à la dynamite. Tout est réquisitionné, des vins, des animaux, de la nourriture, des métaux jusqu'aux statues, aux tuyaux d'orgues et aux cloches et après 1917... tout !

En 1918, la ville fait l'objet d'une importante bataille : la bataille de Saint-Mihiel dite du Saillant de Saint-Mihiel, pendant laquelle les Américains (dont George Patton) entrent dans la ville et la libèrent le . À la fin de l'été 1918, le généralissime Foch déclenche son vaste plan d'offensive généralisée rendu possible grâce au renfort américain, enfin opérationnel. 275 000 hommes, dont 48 000 français, plus de 1 400 avions et 267 chars, tous sous le commandement du général Pershing, font face aux 180 000 occupants du front de Saint-Mihiel. Le 12 septembre 1918, 3 100 canons noient quatre heures durant les lignes ennemies sous un déluge d'obus. L'assaut est donné dans la nuit du 12 au 13 septembre. Les Allemands se replient, 16 000 d'entre eux sont faits prisonniers et les alliés entrent dans Saint-Mihiel au matin du 13 septembre, après avoir perdu 7 000 hommes, blessés ou tués

 

Le 20 janvier 1920 la ville est décorée de la croix de guerre, le 15 février 1920, elle reçoit la citation suivante : 

« Vaillante cité lorraine, captive dès les premières semaines de la guerre, restée sur la ligne de combat, a servi d'otage aux troupes ennemies qui l'occupaient, a subi courageusement, pendant quatre années, les plus durs sacrifices. Décimée par le bombardement, sa population a, par son héroïque attitude, bien mérité de la Patrie. »  



Les promenades à Saint-Mihiel

La promenade des Capucins

 

Situé sur l'une des collines dominant la ville, le couvent détruit des Capucins offre un cadre insolite et quelque peu mystérieux à un beau parc arboré. On y accède par l'un des escaliers pentus ou par une longue allée enherbée. Les Capucins, comme cet endroit magique est communément appelé, offre une vue imprenable sur la ville. La biodiversité du site est activement soutenue par le service des Espaces Verts, notamment grâce à un régime de fauchages tardifs.

La promenade des Dragons

 

Nommée d'après les Dragons du Roi qui avaient leurs quartiers à proximité, sur l'emplacement actuel de la gendarmerie mobile, cette promenade longe la Meuse entre le pont Patton et l'écluse. Elle offre une belle vue sur le fleuve mais également des lieux de détente et de sports pour toute la famille, comme le skate-park, le fitness-park, une aire de jeux pour enfants et une piste de pétanque.

 

La Vierge des Prés et le Rondeau

Grâce à son environnement très accidenté et son sol karstique, le région autour de Saint-Mihiel voit apparaître des sources en abondance, nourrissant non seulement les fontaines et lavoirs de la ville mais aussi de nombreux sites aux alentours. La fontaine de la Vierge des Prés, située à la sortie est de la ville en direction de Woinville, en est un très bel exemple. Un chemin blanc de quelques centaines de mètres y donne accès. Un peu plus loin, au bout du chemin se trouve le Rondeau, une petite source captée qui déverse son eau dans un bassin parfaitement rond. C'est un lieu de détente et de rafraîchissement très apprécié en période estivale.



Les petites douceurs créées à Saint-Mihiel

Les Rochers de Saint-Mihiel

Les rochers gourmandises inventées à Saint-Mihiel dans la Meuse

Créés en 1930 par un pâtissier de Saint-Mihiel, Monsieur Rollot, cette spécialité doit son nom aux Roches de Saint-Mihiel (roches coralliennes du jurassique supérieur qui sont des curiosités géologiques situées route de Verdun à la sortie de la ville de Saint-Mihiel). Les Rochers sont composés de noisettes grillées, épluchées et concassées, enrobées de chocolat noir ou lacté. Ils sont également inscrits au patrimoine national des spécialités depuis 1988.

Les Croquets de Saint-Mihiel 

Les croquets biscuits inventés à Saint-Mihiel dans la Meuse

Créés en 1922 par un pâtissier de Saint-Mihiel, Monsieur Rollot, les Croquets de Saint-Mihiel sont inscrits au patrimoine national des spécialités depuis le 7 juin 1994. Ils se dégustent à tout moment de la journée. Agréables en bouche avec une dominante d’amandes et un bon goût de vanille, croquants à souhait, ils prennent toute leur saveur accompagnés d’une liqueur d’amande verte ou d’un riesling, à consommer avec modération.



Latitude : N 48° 53' 18.826"

Longitude : E 5° 32' 27.771"

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